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samedi, décembre 24 2011

migration bloguesque

Chers lecteurs,

il n'y a pas eu de billet ici depuis bien longtemps... Un peu plus de 90 en un peu plus de trois ans, mais rien depuis février dernier. Il y a une fort bonne raison pour cela, en réalité, mais je ne l'expliquerai que plus tard. En attendant, ce blog se voit fermé et migré vers une adresse personnelle, où tout a été tranféré en octobre dernier.

En réalité, c'est donc un nouveau départ !

vendredi, février 11 2011

Nokia schizophrène

On me demande souvent "mais que fait Nokia ?". Bonne question : après avoir inventé la tablette internet, par le N770, quatre ans avant que Apple révolutionne le marché avec un produit sur le même secteur (en faisant évidemment semblant, comme à l'accoutumé, d'avoir inventé le bidule, d'ailleurs ils ont tout inventé sur Terre -- à moins que ce ne soit Xerox), après avoir sorti l'année dernière le N900, Nokia était victime de managerialite (aussi appelé : "dérive bureaucratique"). C'est une maladie courante dans les grandes entreprises : à force de stagner, tout un chacun est promu manager, peu importe en réalité ses compétences. Or, un mauvais manager, qui se reconnait au fait qu'il a le leadership d'une huître, ne prend pas de risque : résultat, les merveilles des techno-geeks de folie de Nokia finissaient entre geeks, bien loin du mass market. Et pendant ce temps, comme tout bon gros bourgeois assis sur ses lingots d'or, Nokia vivait sur ses rentes, c'est-à-dire son énorme part de marché sur la téléphonie classique, et même sur la téléphonie smartphone (au sens large, 44% tout de même, mais si technologiquement Symbian reste bien éloigné de l'iPhone et Android, le comptage n'est pas bien discriminant).

Évidemment, une telle situation ne dure jamais, surtout sur un marché où le renouvellement se fait à présent en deux ou trois ans (un an chez les iPhone fans, qui s'achètent en permanence les nouveaux modèles, comme si la crise n'existait pas). Et ça, l'actionnaire, il le sait. Exit donc le vieux CEO de Nokia, et bienvenu au nouveau. C'était en septembre dernier, le NY times nous analysait alors finement la situation (contrairement au Figaro). Le nouveau, donc : Stephen Elop, canadien (Nokia avait toujours été dirigé par un finlandais !), et... ancien de chez M$. Ah ! À l'époque, je me disais : oui, bon, p'têtre bien que, sait-on jamais, il doit en connaître un rayon en marketting. Sauf que ce n'était pas par là que Nokia péchait (leurs publicités, même pour le N900, sont toujours au top -- comparez avec Blackberry ou Phone7, qui laisse pantois devant tant d'aberration anti-communicante). Ni trop en terme de stratégie de développement : Nokia a racheté Trolltech il y a deux ans, c'était exactement ce qu'il fallait faire. Non, définitivement, le problème était purement managerial ET stratégique, pour être plus précis, il fallait donner une ligne claire, des objectifs clairs, et que tout le monde suive la même direction (au lieu de laisser les excellents projets dans des quasi-placards -- il fallait compter deux mois d'attente pour espérer un N900 l'année dernière, absurde !). À l'époque, on pouvait ainsi lire que Stephen Elop était the wrong guy.

He bien, il s'avère que le gus est effectivement bien mauvais. Déjà, il pousse une gueulante comme un putois en s'apercevant que 4 mois après sa prise de poste, rien ne va : ça, mon gus, c'était justement ton boulot. Outre que c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire (ça avance à quoi, hein ? Tes chefs pépères vont le rester, tes geeks motivés le sont bien moins), il fustige le fait que MeeGo ne sera pas prêt avant un an : le drame. Parce que franchement, on ne va pas me faire croire qu'il n'a pas les moyens de faire mieux. Et les moyens, on se les donne.

Sa technique fulgurante : signer un accord avec M$ (et avec Ballmer en personne, qu'il ne devait rencontrer qu'une fois l'an lorsqu'il était son N+X) pour mettre du Phone7 sur les terminaux Nokia. Ah ça c'est sûr, ça fait baisser le TTM. Je suis moins sûr que cette stratégie puisse être qualifiée d'intelligente ; je vous la refais sans litote : c'est absolument, profondément, crétin.

Je vous laisse apprécier les commentaires en dessous de l'article précédent. Tout le monde attendait Nokia sur des technos innovantes. À la place, on aura du la dernière mouture de WinCE, qui aurait pu être la dernière avant abandon du marché si cela n'avait pas pris. À la télévision, c'est Microsoft qui assure la publicité de son OS, sans présenter aucun terminal : en fait, il en existe quelques uns, certainement pour éviter les procès sur Android, et supportés par des opérateurs (comme Orange) qui ne supportent plus les détournements d'Android (google talk qui ne fait pas payer la messagerie instantanée, le partage de connexion 3G sur PC fourni de base, etc). Côté ventes, c'est mystère et magouille de chiffres.

Nokia, avec sa population d'ingénieurs formés à Symbian (libéré) et Linux, va donc devoir s'adapter à un nouveau produit dont elle ne connaît rien, et abandonner en rase campagne des équipes qui bossent sur des technos autrement plus innovantes, et libres, sur lesquelles elle avait la main de A à Z. Et cela dans le but de séduire un marché qui n'a que faire de cette technologie, arrivée trop tard et qui véhicule une image déjà dépassée (tandis que Blackberry attaque déjà le mass market et madame Michu, rachetant au passage QNX, ce qui est autrement plus malin). Et alors même qu'une communauté geek est très forte du côté Maemo/Meego. On y croit très fort.

Nokia vient de passer la vitesse supérieure, c'est certain. Vers le mur.

jeudi, janvier 20 2011

inepties du web

Je me demande comment la RATP arrive à ne pas rediriger "ratp.fr" vers "www.ratp.fr". Même moi j'y arrive sur mon site web, ce n'est qu'une pauvre directive Apache ! De la même manière, j'ai essayé d'accéder au site web de la banque en ligne ING : "ing-direct.com" n'est pas déposé, il faut bien rentrer "ing-direct.fr" ! Et ce genre de cas, pour l'un comme l'autre, n'est pas rare. C'est à se demander à quoi pensent les prestataires informatiques ! (surtout à une époque où l'on se rend enfin compte que le système d'URL est un non-sens pour l'utilisateur lambda, avec une ambiguïté accrue depuis que Firefox a mis en place un raccourci vers Google "j'ai de la chance" dans sa barre d'adresse)

Pour rappel, Linagora fait aussi (et presque surtout, ces temps-ci) du Web : je vous promets (d'autant que ça ne m'engage à rien, en tant que membre d'une équipe totalement disjointe du LinStudio) de fouetter personnellement mes gentils collègues s'il s'avère qu'ils ont mis en place un site ficelé à moitié de la sorte.

Parce qu'avant même de penser beau et pratique (déjà, quand ça y pense... Il faut voir le site web de l'opéra de Paris pour comprendre comment on peut flamber quelques centaines de milliers d'Euros pour rien...), il faut déjà penser à ce que ce soit... accessible !

Le bon sens : je devrais mettre ça en qualité première distinctive sur mon CV, tiens (avant l'orthographe).



PS: il doit être vendredi dans une partie du monde, je m'arroge donc le droit de troller par anticipation

jeudi, janvier 13 2011

marchés publics et ouverture aux offres libres obligatoire

Un appel d'offre pour marché public excluant, par une clause imposant l'emploi d'une base de donnée propriétaire, les réponses faisant appels à des solutions libres, vient d'être annulée.

C'est une excellente nouvelle !

vendredi, décembre 24 2010

revue de presse annuelle

2010: The year open source went invisible, avec de vrais morceaux d'embarqué dedans, mais clairement plus business oriented et mass market ; 2010, c'est clairement l'année Android.

À l'année prochaine !

jeudi, décembre 23 2010

Arbeit macht frei

Il paraît que l'on compare Foxconn à un camp de concentration. "Vous ne verrez plus votre iPhone comme avant". Il est clair, lorsque l'on voit ces images, que l'on peut se poser des questions quant à la viabilité du modèle chinois. Si ce genre de pratiques est ancré dans leur histoire, la mondialisation finira forcément pas assimiler les comportements (un seul syndicat ferait l'affaire... surtout s'il est communiste !). Apparemment, les grilles aux fenêtres des cités-dortoirs sont déjà là pour empêcher les suicides...

Je reste donc fort circonspect, d'autant que c'est le mini-capitaliste taïwannais, via HTC, qui concentre l'intelligence sur les smartphones... en sous-traitant aux français, rachetés en juin (ce qui permettra certainement de concentrer les efforts sur leurs produits, comprendre couper les pattes à m$). En bref, la fuite de l'intelligence d'étude des smartphones, je n'y crois que moyennement ; à moins qu'un décalage ne s'opère ("si le Bangladesh augmente son coût du travail, on délocalisera en Indonésie... Ce type de rencontre rendrait gauchiste 90% des parlementaires français...", dirait une Boutin avec son rapport inutile sur son site web introuvable) : les Chinois feraient du soft, les Indonésiens le matériel. J'y crois assez peu : 300.000 personnes d'une usine-ville à recycler, ça ne se fait pas en deux coups de cuiller à pot.


addendum: amusant, juste après avoir publié, je tombe sur cet article du Financial Times, "China’s growth model labelled ‘unsustainable’" :

In his editorial, Mr Yu described a lack of innovation and creativity as the Chinese economy’s “Achilles heel” and lamented the inefficient use of capital, as reflected by the country’s investment rate of more than 50 per cent.

lundi, décembre 20 2010

ordonnancement des requêtes

Victime de son succès, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a été amenée à repenser la procédure de traitement des requêtes qui lui parviennent (v., à propos du Protocole 14, Dalloz Actu Étudiant 15 juin 2010). En juin 2009, elle a modifié l’article 41 de son règlement, et défini une nouvelle politique de « prioritisation » des affaires.

Dans quel ordre et suivant quelle logique les requêtes déposées à Strasbourg sont-elles traitées ? C’est ce que précise la Cour européenne dans une communication du 9 novembre relative à sa politique de prioritisation des affaires, exprimée dans l’article 41 de son règlement, tel que modifié en juin 2009. La Cour y indique qu’elle tient désormais compte de l’importance et de l’urgence des questions soulevées par chaque affaire pour déterminer l'ordre de traitement des requêtes. Auparavant, celles-ci étaient instruites et jugées principalement par ordre chronologique, suivant l'ordre dans lequel elles se trouvaient en état.

Quand j'ai lu ça, je me suis dit que boudiou, ça sent la famine... Il est vrai que la CEDH croule sous les interruptions système : malgré un cache, les requêtes pertinentes sont trop nombreuses, et le temps de latence se compte en années. Ces derniers temps, les traitements avec cinq années post-événement remettent même tout le système en cause. Normalement, on devrait changer les systèmes fautifs qui sont à l'origine d'autant de requêtes. Las, on ne choisit pas toujours, et ce n'est pas dans les compétences de la CEDH (qui interprète la Convention des droits de l'Homme sur des cas d'espèce particuliers, mais ne légifère évidemment pas dans les États), celle-ci ne pouvant que patcher au fur et à mesure (je passe sur les sources du droit et la création jurisprudencielle). Comme apparemment, l'autre solution consistant à booster la Cour, en lui permettant de gérer plus de requêtes (upgrade matérielle), n'est pas possible non plus (certainement une question de budget, plus que d'impossibilité de parallélisation), c'est une solution hybride qui est choisie.

La Cour précise qu'en principe, une affaire appartenant à une catégorie d'importance élevée a priorité sur une affaire classée dans une catégorie moindre [...], le but étant de « faire en sorte que les affaires les plus graves ou révélant l'existence de problèmes à grande échelle de nature à générer un grand nombre de requêtes supplémentaires soient traitées plus rapidement ».

Donc pour l'instant, l'idée est de gérer des FIQ et des IRQ avec sept niveaux de priorisation (six en fait : la septième est un rejet au niveau de la couche de cache -- c'est un peu de la paravirtualisation à la AdeOS, la chambre de la CEDH). Le plus prioritaire est déclaré si cela touche à la vie humaine (comme sur un ABS, c'est toujours prioritaire sur l'ensemble du système, normal). L'idée étant d'écoper les interruptions par lots en patchant les logiciels étatiques défaillants qui génèrent autant d'interruptions, sachant qu'ensuite pour toutes les interruptions de même type déjà enregistrées, on appliquera le même traitement à la chaîne, soit la priorité 5, "affaires « répétitives » (questions déjà traitées dans un arrêt pilote / de principe)" (ce qui est tout de même un peu gênant s'il s'agit de la garde à vue en terme de baisse de priorité, celle-ci étant de type 3 -- atteinte à l'article 5 -- voire 2 -- question d'intérêt général à forte répercussion sur un système juridique)

[en fait, ce sont les États qui doivent se patcher, mais par un savant mélange instable de common law et de droit romain : on peut opposer une jurisprudence (les conclusions d'une affaire similaire, où la Cour a souvent développé son interprétation d'un point de droit) au tribunal d'un État du conseil de l'Europe, mais on va déborder un peu sur notre analogie]

Bref, c'est bien beau, mais qui nous dit qu'une affaire de classe 6 (la moins prioritaire) sera un jour traitée si notre système CEDH croule en permanence sous les demandes des systèmes hautement défaillants, soit l'Italie, la Russie, la France et la Turquie ? (ouais, la Turquie est toujours pire que la France, mais on vaincra pour avoir le record de violation des droits de l'homme !!) La garantie est en fait assez faible et basée... sur une inversion de priorité manuelle !

« Pour déterminer l’ordre dans lequel les affaires doivent être traitées, la Cour tient compte de l’importance et de l’urgence des questions soulevées, sur la base de critères définis par elle. La chambre et son président peuvent toutefois déroger à ces critères et réserver un traitement prioritaire à une requête particulière. »

On a paumé des satellites pour moins que ça... Alors que la solution est bien connue, de nous autres : il faut un système de vieillissement qui augmente la priorité d'une affaire avec le temps, de telle sorte qu'une affaire de priorité 6 prenne la priorité 1 au bout de 5 ans, par exemple (chaque année, on décrémente donc le niveau de 1).

[Bon, en réalité, la priorité 1 arrive très rarement, étant donné qu'il faut avoir épuisé tous les recours possibles, ce qui prend facilement 5 ans]

Comme quoi, l'informatique temps-réel, ça peut vraiment servir à quelque chose dans la Vraie Vie®. La prochaine fois, on se penchera sur l'application des chaînes de Markov à la poste ou à la SNCF : ou comment la poste commence à progresser (ça aurait été difficile de régresser, remarquez) tandis que la SNCF reste toujours fidèle à sa réputation d'inorganisation décérébrée.

jeudi, décembre 16 2010

le micro-USB : gloire et décadence

Après l'article 3, insérer un article additionnel ainsi rédigé :

À compter du 1er juin 2011, tout téléphone portable mis en vente sur le marché est équipé d'une prise standard pour sa recharge.

Un décret précise la norme technique européenne retenue.

Objet

Le chargeur d'un téléphone portable est un bien durable qui doit pouvoir être réutilisé. Cet amendement vise ainsi à éviter le gâchis que tout le monde constate aujourd'hui du fait de l'impossibilité de réutiliser son chargeur lors de l'acquisition d'un nouveau téléphone portable. L'amendement prévoit qu'un décret précise la norme technique européenne retenue. Il pourrait s'agir de la norme micro‑USB comme le préconise l'UCS (universel charging solution).

Cet amendement socialiste m'a rappelé à mon devoir de blogueur : cela fait un bout de temps que je devais vous parler de la norme micro-USB sur les téléphones portables. L'informatique libre promeut les standards des formats ouverts. Dans le même esprit, le matériel doit aussi répondre à cette problématique des formats propriétaires omniprésents dans l'embarqué. Au niveau des microprocesseurs, par exemple, nous savons bien que l'obscurantisme recule, et que ARM ou TI font des efforts remarquables et louables. Mais au niveau des intégrateurs, c'est tout autre chose. N'avez-vous jamais assisté à cette scène d'un collègue de bureau affolé cherchant partout un chargeur pour son téléphone, avec sa fiche bien spécifique, dans l'espoir de pouvoir recharger à temps pour recevoir LE coup de fil ultra-important d'un client ?

Nokia, BlackBerry, Motorola, Alcatel, tous avaient jusqu'à il y a peu des formats de chargeurs différents (plats ou ronds), et parfois même entre deux terminaux du même constructeur (courant avec les Nokia), les fiches s'avéraient incompatibles. Et puis la situation a changé : il y a trois ans, mon Motorola V9 avait déjà du micro-USB ; à présent, mon HTC Desire aussi. Tous les constructeurs se sont mis d'accord, la situation ne pouvait plus perdurer : à l'usage, elle est totalement absurde ; pire, économiquement, c'est contre-productif ! Tous ? Non, évidemment, BlackBerry (à confirmer) et surtout, surtout, les rois de l'incompatibilité totale, Apple résistent toujours.

Cet été, de retour de vacances, je me suis aperçu que j'avais oublié mon chargeur micro-USB, en fait composé d'un adaptateur (que j'avais laissé chez moi, c'est déjà ça) sur lequel vient se ficher le câble USB/micro-USB (que j'avais donc oublié ; ayant simultanément, pas de chance, laissé mon ancien chargeur pour Motorola et son câble de communication à ma mômon). Le drame, au bout de 48h : plus de batterie. Je pars donc en quête d'un câble standardisé, USB/micro-USB, tout ce qu'il y a de plus bête...

Quel ne fut pas mon désarrois en constatant que cela relève de la quête du Saint-Graal ! Version Monty Python absurde : Orange, SFR, la FNAC, je fais le tour de la Défense, jusqu'au Chinois planqué à côté d'Auchan (j'espère qu'on a pensé à castrer l'architecte du Quatre Temps, ce centre commercial est une insulte à l'intelligence), rien de rien, ils ont tous le même fournisseur (me dit-on à la FNAC du CNIT), aucun n'a plus de câble depuis un bon mois (deux mois, selon certains). Les vendeurs mettent aussi beaucoup de temps à comprendre de quoi il en retourne : les chargeurs de portable avec fiches propriétaires (essentiellement : Apple, BB, Samsung), ça ils ont, pas de problème. Mais le standard correspondant à au moins 3/4 des téléphones vendus depuis deux ans, ils n'ont pas... Au final, claquant 35€ pour un chargeur simple (donc pas de câble de communication), j'ai dû me résigner à me faire voler, d'autant qu'il ne restait plus que 2 exemplaires planqués dans une boutique SFR (30 minutes pour arriver à trouver le bestiaux, heureusement la vendeuse était jolie).

Alors, comment diable en arrive-t-on là ? Mystère... En tout cas, le législateur a effectivement une occasion de forcer un standard, éviter du gâchis (très à la mode, où le numérique et l'environnement se rejoignent, un coup à revoir NKM) et rendre la situation enfin rationnelle. Finalement, cet amendement a été retiré (pas pu trouver pourquoi). C'est bien dommage.

jeudi, décembre 9 2010

ARM European Technical Conference 2010

Avec un bon mois et demi de retard ("tout vient à point à qui sait attendre"), il était peut-être grand temps que je m'atèle au compte-rendu de la demi-journée passée à l'ARM European Technical Conference 2010 du 21 octobre, toujours au même CAP15, où je ne suis arrivé en RER C qu'en début d'après-midi. Pas avant parce que boulot, boulot -- qui accessoirement explique aussi le délai de rédaction du présent billet. Pas après parce que les Anglais savent sous-traiter ce qu'ils ne savent pas bien faire : la bouffe (je plaisante, on mange très bien à Londres, seulement jamais pour moins de 30€ -- alors que là, c'est gratuit). Cette année a signé d'ailleurs le retour de la fontaine de chocolat, et ça, il faut carrément le signaler. ARM is great.

Plaisanterie mise à part, c'est déjà l'occasion de retrouver des acteurs d'Anticyp et de former des liens avec des instituts de formation cherchant des compétences logicielles. Si vous êtes un hardeux en quête d'un formateur de qualité, jeune et dynamique, contactez-moi, j'organiserai immédiatement une rencontre avec Marie-Léona Charpentier du service formation (d'autant qu'elle commence à être formée à l'exercice, on a un bon taux de demande pour les formations en embarqué ces temps-ci). Spécialité Linux, cela va sans dire.

Les petits stands sont à peu près stables d'une année à l'autre, mais force est de constater, tout de même, un recul du logiciel ; notamment du côté de la paravirtualisation, absente du paysage. Peut-être un effet anti-boule-de-neige (ça n'aurait pas été un comble, il faisait certes froid mais encore beau, en ce temps-là), puisque dès lors qu'un concurrent n'est pas présent, pourquoi venir ? Et du côté des conf' programmées, à vrai dire, c'était un peu pareil...

Première conférence logicielle : "Making Open Source Development Easier and Faster". Comprendre : Linaro, projet poussé par ARM en consortium pour accélérer l'intégration de Linux en embarqué. J'étais curieux de savoir ce que cela donnait, en vrai, outre l'exceptionnel très-beau site web (tellement rare...) : eh bien, c'est du très sérieux ! 90 ingénieurs, une véritable organisation, issue d'une association de fondeurs regroupés autour de ARM, qui vont s'occuper de gérer kernel, chaîne de compilation et d'autres sujets immédiatement afférents (conso mémoire, debug, etc -- mais le nombre de thèmes considérés est pour l'instant limité, on ne disperse pas inutilement les ressources) pour assurer un support ARM le plus complet possible, et mettre fin aux problèmes de portabilité. En d'autres mots, ils s'occupent de la couche horizontale pour reverticaliser le marché. Une sortie tous les six mois, une ouverture complète sur les travaux menés, mais une structure de type entreprise assez figée tout de même ; pas vraiment communautaire, donc, mais fort utile par exemple pour sous-traiter l'intégration de patch de support hardware dans le noyau (opération qui prend tout de même six mois : on propose, on négocie, on repropose, c'est testé, c'est à reprendre, et finalement, c'est enfin poussé dans l'arbre, travail de longue halène, pas vrai Google ?). Donc, depuis tout ce temps, la première mouture est sortie, avec un beau gcc (avec gdb), un beau noyau et un bel u-boot. Ça promet, et c'était important.

La seconde conférence à laquelle j'ai assisté était sur Android. En fait, ça a rapidement dérivé sur une implémentation native pour faire du hack atroce (mode Frankenstein), avec le nouvel IDE tout-en-un de ARM, DS-5. Ils sont fous ces hardeux.

Mais revenons-en aux stands : plusieurs me disent qu'ils me lisent avec grand plaisir (notamment le CR de l'année dernière), même avec mes manies de name-dropping (mais je me soigne, regardez ce billet) et de longueur indécente. C'est très plaisant, ma jauge de narcissisme monte (je ne dis pas "remonte", puisqu'elle n'a jamais baissé). Bientôt je signerai des autographes. J'interroge à droite, à gauche, pour prendre le poul : ça pousse beaucoup du côté d'Android, mais ça regarde tout de même du côté de Meego (à mon avis, il vaut mieux, parce que le modèle Google a de sérieuses limites), le pauvre WinCE7 ressemble un peu à un chant du cygne : un dernier essai de Microsoft avant de considérer l'abandon du marché, si ça échoue (z'avez vu les pubs pour les téléphones sous Phone7 qui insultent la concurrence ? On n'y fait pas mention de terminal, hum...), mais ne tirons pas sur l'ambulance. On m'a demandé plusieurs fois si nous considérions donner des formations Android, ou si l'on développait dessus : oui, on développe, et bientôt-oui, une formation est en cours de rédaction ; le problème essentiel est surtout de savoir à quel niveau on se place, applicatif/Java/API ou bas-niveau/conférence ARM/attaque au burin.

Je passe d'agréables moments, notamment avec TI (qui a disséminé ses nouvelles Beagleboard sans flash -- cette manie, je ne comprends pas, rendez-moi ma flash !) et ENEA (on parle tourisme économique entre Suède et pays de l'Est sous-traitants -- on n'y fait pas du pr0n, là-bas, mais de plus en plus d'embarqué, pour de "pures raisons techniques", mais il faudra un jour que j'écrive un pamphlet à ce sujet, promis). Comme chaque année, je ne gagne aucun lot au tirage au sort (ce qui est très dommage, puisque cette année j'ai pensé rendre mon bulletin avant le tirage). Par soucis de préservation de la planète, j'ai ramené peu de documentation (ce bon karma amènera certainement quantité de contrat sur plusieurs réincarnations), les slides étant cette année en ligne (à condition de s'enregistrer, tâche hautement pénible quand on reçoit déjà en double les mails sur des boîtes pro et perso, et qu'on voudrait utiliser encore une nouvelle adresse mail...).

lundi, octobre 4 2010

joyeux nanniversaire

Aujourd'hui, ce sont les 25 ans de la FSF. Eh oui, déjà...

mardi, septembre 7 2010

M2M, domotique, drogue

Chers lecteurs, je vous ai délaissé. Alors pour me faire pardonner, voici un article, publié en décembre 2009, qui vaut son pesant de noix de coco. Un article qui mêle M2M, domotique, réseaux sociaux. Un article qui prouve qu'il vaut mieux rien dire que de raconter des conneries -- quoique, ça fait bien rire. Du vrai bullshit. Je demande "le rôle des objets et le rôle des hommes". Extraits choisis :

l’une des premières manifestations de l’”internet des objets” est la multiplication de “connecteurs”, qui prennent des signaux venus des capteurs tels qu’ils sont, hétérogènes, et les envoie vers le réseau. Ces connecteurs font le lien entre le monde analogique, ou le monde très spécifique des capteurs industriels, et les protocoles communs des réseaux d’aujourd’hui. Le monde devient du coup plus bavard. C’est ainsi que se construit l’internet des objets.

Des créatures rejoignent l’internet.

Ce que montrent ces projets, c’est qu’ils émergent d’initiatives très décentralisées. Comme l’internet social, l’internet des objets peut déplacer les centres de pouvoir.

Les choses sont nos amies.

Il faut toujours concevoir les choses en regardant leurs conséquences

Autre changement notable à prendre en considération avec l’arrivée de l’internet des objets, c’est que tout objet va devenir adressable, cherchable, “scriptable”, c’est-à-dire capable de supporter des scripts, des instructions et devenir commande. Nos villes vont devenir des réseaux temps réels qui vont nous offrir d’innombrables nouvelles possibilités.

“Le fait de rendre nos activités, nos localisations, nos intentions visibles dans l’espace urbain n’est pas neutre, c’est problématique”

toute extension est aussi une amputation

Oui, ça laisse songeur sur les ravages des champignons.


(merci à l'université Paris 3 pour avoir proposé hier, lors du concours de sélection du master édition, ce collier de perles ; je leur indique par ailleurs que trouver la source originelle et citer le nom de l'auteur quand on recopie l'intégralité d'un article est un minimum : ce n'est pas "LeMonde" -- qui plus est dans sa version web --, mais Internet Actu, et les auteurs de l'article, et donc de certaines de ces citations mémorables, sont Hubert Guillaud et Daniel Kaplan)

vendredi, juin 25 2010

cours de kernel Linux en ligne

L'annonce (sur linkedIn) de ces quelques articles de début de cours sur la programmation kernel Linux me fait rappeler que des slides de formation peuvent aussi être trouvés sur le web : chez FreeElectron, et bien entendu, chez Linagora !

Bonne lecture !  :)

lundi, juin 7 2010

ouverture extrême

Src-non-oss

Dépôts des RPMs source non OSS. Pour les utilisateurs avancés uniquement.

OpenSUSE est vraiment la distribution ultime : la preuve, si l'on consulte la liste des dépôts standards possibles, on en a un pour les sources des logiciels non-opensource....

mardi, juin 1 2010

Apple sentirait-il le vent tourner ?

C'est ce que l'on peut se poser comme question au regard de la sortie de l'arme nucléaire juridique : les brevets logiciels. Pour rappel, les brevets logiciels ne sont valables qu'aux USA et autres pays de ce goût-là (le Japon, par exemple), mais heureusement pas en Europe (malgré la poussée de lobbies mal intentionnés). La situation est la suivante : les grands groupes possèdent des porte-feuilles entiers de brevets validés par un bureau peu regardant (le double-clic pour Microsoft, l'achat en un clic pour Amazon, etc), et se mènent une guerre... froide. Équilibre des forces. Les nouveaux arrivants, eux, se font bouffer tout crus : avant de pouvoir s'acquitter de la liste des brevets à payer pour faire quoi que ce soit, ils ont déjà entamé tout leur capital. Nouveaux arrivants qui ne sont pas (forcément) de petites entreprises à croissance potentielle exponentielle (celles-là sont obligées de conquérir de nouveaux marchés, Internet dans les années 90-2000 par exemple) ; on pense en fait plutôt aux asiatiques ; ou aux grandes sociétés voulant s'étendre sur un secteur où elles étaient absentes.

Et c'est ainsi que Google marcha sur les plate-bandes d'un arrivant pas beaucoup plus ancien dans l'histoire de l'embarqué (ni de la téléphonie portable) : Apple. Pour rappel, l'iPhone a certes très bien marché, mais pas aussi bien dans le reste du monde qu'en France (il y a un syndrome certainement nombriliste français d'induction forte ; un peu comme lorsqu'on croit que MSN s'est imposé partout : en fait, c'est juste totalement faux -- j'accorde un phénomène de sur-visibilité dû à l'unicité de forme des produits, tout au plus) ;et même sur le marché spécifique des smartphones le leader de très loin reste Nokia (44%), suivi de BlackBerry (19%). Il n'empêche : l'iPhone possède (entre autres) le multi-touch. Mais la dernière mouture d'Android aussi. Et donc le Desire, le Nexus (seul commercialisé sous la marque Google mais en réalité sous-traité) ou les prochains téléphones de HTC de même. Apple attaque violemment sur le terrain de la propriété intellectuelle HTC, le Taïwanais qui pèse bien moins (presque dix fois moins) lourd qu'eux en bourse -- mais après tout, Apple ne valait plus grand chose il y a 10 ans. En réalité, c'est à Google que s'adresse Apple ; avoir le courage de les affronter n'est cependant pas au programme (allez savoir pourquoi, n'est-ce pas ?).

Si l'honneur de personne ne sort jamais grandie de ce genre d'affaires, il est en tout cas assez cocasse de voir ainsi Apple, qui a débuté en piratant le réseau téléphonique de AT&T, et qui a piqué bon nombre de ses idées "novatrices" de ses débuts à Xerox (l'interface graphique et la souris, entre autres), Apple qui est en train de nous faire croire qu'ils ont inventé la tablette Internet tactile là où le N770 existe depuis 2005, jouer aux vierges effarouchées dès qu'il s'agit de défendre son bout de gras. Tous les coups sont permis. HTC contre-attaque déjà, avec les mêmes armes. Une bataille de longue haleine s'engage.

Avec 5 millions d'appareils vendus sous Android (et 4 autres millions sous d'autres systèmes Linux), les parts de marché de Apple  se voient menacées : c'est bien sur le même segment que ce situe la bataille. RIM pourrait aussi en pâtir lourdement ; je l'ai déjà écrit, Microsoft sent la partie lui échapper. Les prévisions que l'on pensait très optimistes pour 2012 (et qui avaient été formulé en 2008) de l'impact de Linux dans le marché de la téléphonie sembleraient à présent... sous-estimées ! Car avec l'abandon programmé de Symbian pour du MeeGo, le renouvellement du parc d'ici deux ans, via un levier Nokia qui possède 44% du marché des OS de smartphones (et 35% du marché de la téléphonie), va être certainement très impressionnant.

Mais Google ne s'arrêtera pas là : les tablet PC vont venir chatouiller l'iPad, et on compte déjà Archos, ASUS (Eee Pad), Dell (Streak, Mini 5), Samsung (S-Pad), Notion Ink (Adam). On verra si Apple néglige toujours le port USB (comme ils avaient négligé la 3G sur le premier iPhone, quand on y pense). Deux philosophies vont s'affronter : l'ouverture (évidemment, il y a la problématique du Market, mais elle est justifiable d'un point de vue de la sécurité) vs la fermeture totale du business model à la pomme.

Et un nouveau marché semble encore à conquérir : la télévision numérique. Dans un marché sclérosé et fortement concentré aux mains de quelques monopoles, certes entamés par les opérateurs triple-play (qui découvrent le métier sur le tas), ça pourrait faire mal : pour peu que les opérateurs découvrent que l'on peut faire beaucoup mieux avec beaucoup moins cher et beaucoup moins complexe, ça risque de faire mal. Un peu comme lorsque Apple a mis un coup de pied dans la fourmilière des smartphones : car s'il faut bien leur reconnaître un mérite, un seul, c'est bien celui-là. La bataille ne se joue plus sur le software en lui-même : elle se joue sur le contenu, sur la valeur ajoutée intrinsèque. À ce niveau-là, Android a la portabilité et donc la diffusion de masse sur des secteurs variés, ramenant autant de développeurs nouveaux que possible, de son côté. Un avantage qui pourra s'avérer rapidement décisif.

jeudi, avril 29 2010

Microsoft sentirait-il le sapin embarqué ?

D'après Engadget, il semblerait que la firme de Redmond sente le vent tourner. La preuve : tout à coup, les voilà qui se réveillent et trouvent qu'Android a l'air de violer quelques uns de leurs zillons de brevets logiciels débiles (je rappelle qu'ils ont réussi à breveter le double-clic...). La bonne affaire. Sans même se donner la peine de dresser une (fausse) liste, les voilà qui réclament déjà leur obole aux intégrateurs, HTC en tête. On remarque que (coïncidence !) ces derniers ont totalement viré Windows Mobile de leurs téléphones, OS largement instable, pour le remplacer par de l'Android : Hero, Desire (que je viens d'acquérir, j'ai craqué, Meego va mettre trop longtemps pour arriver) et bientôt l'Incredible. Forcément, dans ce genre de cas, personne ne se fâche, et l'on paie contre réduction. Qui sera le premier à se rebeller et à aller au bout d'un procès ? Après tout, pourquoi vouloir encore caresser Microsoft, et ses technique commerciales que nous éviterons de qualifier afin de ne pas choquer la ménagère de moins de 50 ans, dans le sens du poil ?

Le chant du cygne embarqué, manifestement.

mardi, avril 13 2010

RTS10: journée spéciale Linux Embarqué

Après cinq années de visite de ce salon, et pour cette sixième fois, j'ai été conférencier. Francis Mantes m'avait entretenu l'année dernière de sa volonté de monter une sorte d'atelier thématique autour de l'OS libre embarqué. Revu à la baisse, le projet s'est concrétisé en une journée de conférence complète consacrée au sujet, organisée par l'incontournable François Gautier. J'en avais ici-même fait la publicité. Battage aussi par mail qui n'aura pas donné grand chose, ai-je bien eu l'impression, mais ce ne fut pas bien grave : si l'on se disait que les 215 inscrits une semaine avant l'événement ne viendraient pas tous, force a été de constater que le public a été très nombreux. Et il n'est pas même improbable qu'une partie ait abandonné l'idée de s'arrêter pour s'asseoir : car cela était tout bonnement impossible à une trentaine de personnes ! À la louche : entre 80 et 90 "spectateurs". Debout contre les fines parois, au fond, sur les côtés, on s'arrange comme on peut. Dans le public, je reconnais même un collègue et mon ancien responsable commercial de ma précédente boîte !

Pourtant, l'affichage de l'événement n'était pas bien clair : déclaré deux fois (en réalité pour différencier le matin de l'après-midi), avec des intitulés similaires, bien du monde n'avait compris que les contenus seraient différents. En réalité, il y avait donc le matin Colin WALLS pour MENTOR GRAPHICS, Guillaume CHAUSSIN pour WIND RIVER et Pierre FICHEUX pour OPENWIDE ; tandis que l'après-midi ne faisait figurer que Pierre (again) et (enfin) votre serviteur pour LINAGORA (on l'aura deviné). Nicolas NAVET, de l'INRIA, n'ayant en réalité animé que l'après-midi, le matin étant assuré par François GAUTIER.

Colin Walls est très américanisé dans sa présentation corporate : avec son polo, il nous donne une vue d'ensemble très haute sur Andoid, avec des briques de couleur très jolies ; Guillaume Chaussin est pour sa part très francisé, avec son costard-cravate il nous donne un autre vue très haute sur Android. Là où ça devient amusant, c'est que le public posant à peu près les mêmes questions pour l'un et l'autre, à 45 minutes d'intervalle, le discours est tout différent : sur l'usage de RAM (et donc le dimensionnement nécessaire qui en découle), sur la possibilité de détourner la libc pour en faire du "natif" (comprendre du binaire à partir de code C), bref tout ce qui peut intéresser la vie réelle. Questions pertinentes aussi sur la "certification" Google, qui ressemble fortement au business model Apple (avec son iPhone) : l'accès au vivier d'applications (qui fait beaucoup, sinon toute, de la valeur ajoutée) n'est disponible que si la déclaration de compatibilité est statuée ; imaginons un appareil qui dispose de hardware (une webcam, par exemple) nécessitant quelques hooks, nous voilà privé du tampon. Je trouve que pour du libre, c'est compréhensible d'un point de vue industriel, mais ça craint dans l'absolu. Ceci me conforte dans mon idée : j'attendrai MeeGo (c'est cher, un smartphone, avez-vous remarqué ?). Toujours est-il que le succès d'Android est manifestement fulgurant (mais les entraves plaisent au monde industriel, je pense qu'il y a une fonction psychologique de masochisme latent, un jour j'écrirai un mémoire de socio dessus, promis -- enfin, si j'ai le temps).

Je me disais que l'après-midi, personne ne viendrai. Après tout, la présentation de Pierre le matin, sur Qemu, afin de tester sur la plate-forme de développement un système cible (le userspace, en fait, mais justement Pierre a fait pour nous un détour par le kernelspace : OpenWide -- enfin, OS4i, la branche pour l'embarqué -- a utilisé Qemu pour supporter un vieux système faisant appel à du matériellement deprecated pour une couche de virtualisation bien maligne), aurait pu satisfaire les aspirations techniques de l'auditoire. Que nenni : ce fut plus geek, plus roots, plus avide de bas niveau et de goût du silicium. Un public tellement nombreux qu'il y en avait assis dans la travée centrale, d'autres ayant même détourné des sièges pour les ramener sur le côté. Juste impressionnant.

Pierre Ficheux a donc montré l'étendu de son savoir-faire en matière de présentation (mais pas en matière de schématisation ! :)  Il faut lui proposer un DIF pour manier Inkscape, je ne vois que ça), en enchaînant coup sur coup "Comment accélérer le temps de boot d’un Linux" (trucs et astuces au programme) puis "Comment déboguer le cœur Linux" (en l'occurrence avec kgdb et kdb). Qu'il me soit permis de remercier Pierre : il a introduit admirablement bien ma conférence, soit volontairement (avec des "cf conférence suivante par Gilles Blanc" explicites), soit... involontairement, avec le bricolage de debug ou la phrase qui m'a fait bien rire : débugguer en assembleur le kernel Linux, c'est la galère la plus totale. Ce qui est fort vrai, preuve en a été donnée par ma personne juste ensuite.  :)

Il m'a donc non seulement été donné de mener ma première conférence à RTS, mais en plus de le faire après Pierre, ce qui est un grand honneur : la dernière conférence sur Linux embarqué à laquelle j'avais assisté le faisait figurer en bonne place, c'était il en 2007 ce me semble, j'étais tout jeune et dans l'assistance, mais n'en avais pas moins envie de franchir la table des conférenciers. Hasard du sort, mon sujet s'est donc porté sur de l'ultra-geek (tandis qu'habituellement, en conférence, je donne exactement le contraire : état des lieux du marché, stratégie de mise en place de Linux, pertinence, etc, le tout pour un large public) : comment utiliser le câble J-Tag du pauvre (sinon, on parlerait de "sonde") pour débugger sur le pouce un Linux récalcitrant, et ce dès le démarrage (c'est-à-dire que l'on n'a même pas de log en console, ou une console inopérante, et peut-être pas même encore de MMU).

Mes lecteurs depuis les débuts (ou presque) de ce blog auront sans doute reconnu mon aventure de 2008, que j'avais conté en deux parties. En version simplifiée sur slides, ça donne du burlesque, et je suis fier de vous annoncer que seulement une quinzaine de personnes ont abandonné en cours de route. Denis Bodor, rédacteur en chef de GNU/Linux Magazine France (dont le dernier numéro hors série sur les systèmes embarqués est excellent -- à ce propos, Pierre a reçu un mail de remerciement pour son article sur Buildroot, qui a sauvé des vies : pourquoi ne reçois-je rien dans ce genre, moi, hein ?), et qui a du fond de la salle assisté à ma présentation, m'a révélé que plusieurs personnes se disaient entre elles que dans la vraie vie, c'est souvent comme ça que ça se terminait. Avec la méthode scout. D'ailleurs, à la fin de ma conférence (et donc de la journée spéciale Linux embarqué), après ma démonstration (qui a marché du premier coup !) consistant à "rediriger" les logs, normalement envoyés sur le port série, sur la console gdb via le J-Tag, un petit groupe d'intéressés s'est formé, et entre ceux qui dessoudent au briquet et ceux qui soudent du FPGA à l'étain, on s'est retrouvés un peu bête. On trouve toujours pire que soit (surtout chez les hardeux).

Mais revoilà que je suis trop long (quoique cette fois-ci, comme on m'a beaucoup pressé, j'ai terminé à l'heure !). Voici donc les slides : bonne (re)lecture !

jeudi, avril 8 2010

RTS2010

Très bon cru pour cette session 2010 du salon RTS. Certes la période des années 2000 est définitivement résolue, et le hall 8 de la porte de Versailles pour être rempli fait toujours appel aux pendants M2M (communications de Machine à Machine) et Display (composants d'affichage). Les grands stands privatifs d'exposition ont disparu, mais les groupes étrangers de matériel ont fait leur apparition ; note pour les Chinois : de grands sourire et l'air avenant sont nécessaire en Europe ! Déjà que l'on présage avec appréhension une séance d'Anglais baragouiné pas bien constructive, la bonne vieille méthode de la jolie communicante a aussi toujours son succès ; même si son taux a très fortement décru aussi. Petite aparté sur la parité : c'est hautement catastrophique, dans les allées, dans les salons, sur les stands (où c'est forcément beaucoup mieux), c'est juste pire qu'avant ; compter à la louche 5% de représentation. Autre disparition aussi : les quelques rares sociétés de service (je pense notamment à Teamlog, l'année dernière, qui avait une jolie démo sur son stand, pas assez aguicheur à mon avis) ; je n'en ai compté qu'une seule, proposant de l'offshoring en Tunisie. Mais dans l'ensemble, c'est une sacrée réussite, et il faut saluer le travail d'organisation de Francis Mantes (rapidement croisé, l'appareil photo à la main).

Comme d'habitude, WindRiver avait l'entrée du salon, et NI le stand le plus grouillant de T-shirts corporate devant des démos attirantes : le pendule inversé existe donc bien en dehors des TDs Matlab de cours d'automatique... À ce propos, Matlab n'était pas présent cette année, donc Polyspace non plus, et son concurrent Coverty ne s'est pas plus déplacé (adieu le goodie de l'année !) ; ne restait plus que Emenda, comme micro-société distributrice de solutions de logiciels de couverture de code. Des cartes électroniques sont suspendues ou sous cloche un peu partout, et l'on compte presqu'autant d'Atom que d'ARM, même si à la discussion, c'est toujours les Anglais qui gagnent. À ce petit jeu, WindRiver reste tout autant agnostique que pour le non-choix entre Moblin (Intel) et Android (Google) : on se rappelle qu'ils ont été rachetés par Intel au moment où ils nous parlent de la prochaine génération d'Atom dans les cartons (Morse, si mes souvenirs sont bons). Rachetés aussi et disposant cette fois d'un stand indépendant, contrairement à deux ans auparavant où ils squattaient Neomore (toujours présents, non loin d'Anticyp), Trolltech devenu Nokia (la marque norvégienne s'est totalement effacée, mais les bureaux n'ont pas déménagé en Finlande) faisait figurer les deux même Français expatriés, et présentant une solution Qt 4.6 au succès largement plus important : voilà un rachat qui a eu du bon pour eux. Leur conférence, à 13h, le second jour du salon, a aussi connu un franc succès -- cependant, les informations réellement trépidantes ont été un peu absentes, surtout lorsqu'on apprend que le projet MeeGo, fusion de Moblin et Maemo mais sur du Qt, est très très loin d'être prêt).

L'intéraction sur les stands était fort constructives, et si aucune affaire immédiate n'a pu être rapportée -- nous sommes sur un salon de vendeurs, c'est assez logique, il faudrait son propre stand pour cela, et je ne suis pas bien certain, vu le succès des fournisseurs de service, de la pertinence par rapport au public industriel assez prudent --, des partenariats très intéressants sont clairement à attendre. L'avenir dira. On constate par ailleurs le problème récurrent de mauvaise vision des "partenaires" (ou concurrents, plutôt) entre eux, tout clairsemés qu'ils sont au quatre coins de la France, si ce n'est du monde, et ne navigant pas eux-mêmes dans les allées -- à l'exception de quelques uns, par ailleurs très notables. Passons à la page publicité pour ceux à qui j'ai promis de parler ici, parce qu'ils le méritent, parce qu'ils m'ont fort bien accueilli, ou parce qu'ils m'ont fortement intéressé.

Tout d'abord, un petit erratum pour Greenhills (à l'équipe toujours aussi sympathique), puisque dans mon précédent compte-rendu j'avais totalement fourché sur un paragraphe, à présent corrigé ; je précise au passage que seul le Pape est infaillible (sous certaines conditions, qui plus est), et je peux donc écrire des bêtises scandaleuses, que vous pouvez me pointer en commentaire ou par mail (ceci dit, s'en rappeler un an plus tard était impressionnant de la part de Serge Plagnol !). Ensuite, je voudrais attirer votre attention sur un jeune entrepreneur ayant réalisé (en PyQt !) un logiciel de création de Linux embarqué du même nom que la distribution ainsi obtenu : Yaeld (Yet Another Embedded Linux Distribution : on est geek ou on ne l'est pas). Basé sur OpenEmbedded, l'interface est extrêmement intuitive, et permet de paramétrer très finement le projet sur-mesure. Reste à sortir une version définitive du projet (très prochainement, si ce n'est déjà fait) et à arriver à le commercialiser : c'est-à-dire à se faire connaître (j'y participe) et à convaincre qu'un tel outil fait facilement gagner une semaine de production et quelques arrachages de cheveux, soit de quoi justifier un investissement de quelques milliers d'Euros. Je souhaite bonne chance à notre héros breton Thomas Jourdan. Enfin, un petit mot sur AcidOS (attention : site moche), micro-kernel très innovant, écrit from scratch sur un modèle L4 mais bien plus optimisé (en se débarrassant de la couche POSIX), pouvant relancer des services à la volée en faisant migrer la mémoire virtuelle : en cas de détection d'instabilité ou de faille de sécurité (ce sont des anciens de Hackademy, m'a-t-on dit), le service kernel (en mode protégé) peut être ainsi relancé à chaud au prix d'une interruption de service imperceptible. Quand on sait qu'à la manière d'OKL4, un service peut être une paravirtualisation de Linux, voilà qui est tout à coup extrêmement intéressant ! (en outre était présente sur le stand à l'ambiance fort sympathique, la plus agréable des expertes en café qu'il m'ait été donné de rencontrer)

La seconde journée était consacrée pour ma part (et celles de beaucoup d'autres !) aux conférences de la journée spéciale Linux Embarqué. Un compte-rendu est donc à venir dans un prochain billet. Le temps que je rajoute une licence à mes slides, pour commencer...

jeudi, mars 25 2010

Solutions Linux 2010

Plus exactement, pour ce qui nous intéresse : les conférences sur l'embarqué du jeudi 18 mars, toujours organisées par Sébastien Dinot, membre émérite de l'APRIL et salarié de CS. Les conférences étant payantes sur Solutions Linux, le public était assez peu nombreux, une douzaine de personnes en plus des conférenciers eux-même, dirais-je. Suite au désistement de l'intervenant d'Armadeus, le nombre de conférences s'est donc réduite à trois, mais le contenu s'est prêté au remplissage du temps imparti, de 14h00 passés à 17h30 environ.

Première intervention de la part d'un enseignant-chercheur de l'ENAC (Aviation Civile), Pascal Brisset, à propos du projet paparazzi UAV System (Unmanned Air Vehicule). Il s'agit d'un ensemble de composants logiciels (en C/C++/OCaml, basé sur Debian, compilé par GCC, usant de GTK et du bus logiciel Ivy : que du libre !) permettant de mettre en place "simplement" un système de d'autoguidage (pilote automatique) : aérien de type microdrône ou quadrotors (sorte d'hélicoptère à quatre hélices), ou terrestre. La présentation a mis l'accent sur les problématiques inhérentes à ce type de système (notamment en terme de détection et les latences que cela implique, différentes selon les types de véhicules). Très particulier, mais idéal pour ouvrir des horizons insoupçonnés (il est assez étonnant de constater qu'une communauté, certes réduite mais active, s'est formée autour de ce projet très particulier !).

La seconde intervention portait sur OpenEmbedded, système que je connais fort bien pour l'avoir pratiqué il y a trois ans, chez Sagem (ma vie avant Linagora). La présentation du jeune Cyril Romain, employé aussi par CS mais sur d'autres sujets que l'embarqué, qui s'est passionné à titre personnels pour le sujet notamment à cause de son PDA, fut fort claire, à mon sens. Elle ne souffrait seulement de n'être pas assez orientée vers les problématiques des utilisateurs professionnels, ce qu'a inévitablement été soulevé en questions ; j'ai donc pu compléter en ce sens sa présentation sur ces points : comment OpenEmbedded aide aux respects des licences, les temps de prise en main et de construction et surtout les limites de l'automatisme de la construction d'images (un firmware est quasiment tout le temps composé d'une partie RO et d'une autre RW, soit deux partitions, sur lesquelles s'étale le système : à ma connaissance, aucun SDK ne gère cette problématique complexe). Au final, la présentation était très bonne, et notre intervenant de qualité : j'espère que ses slides seront disponibles publiquement, auquel cas je ne manquerai pas d'ajouter un lien vers elles dans mon cours sur Linux embarqué !

La troisième et dernière intervention était de mon collègue et responsable d'équipe Benoît Donnette, à propos du bus logiciel Tango. Ce middleware de bus logiciel nous a effectivement occupé essentiellement de mai à septembre 2009, dans le cadre d'un projet de refonte d'un système de contrôle-commande pour le compte du CEA, et ayant réalisé la plupart des "device servers" (couche logicielle de contrôle-commande côté machines) et les interfaces graphiques (côté utilisateur), tout autant que la première étude technique sur le sujet, j'étais hautement concerné, et ai pu participer à l'intéraction avec le public, puisqu'étaient spécialement présents quelques personnes du CEA, et notamment l'un des concepteurs originaux du projet.

Forcément, à la fin de cette série de conférences, les discussions sont allées bon train, et des contacts très intéressants ont été pris.

mardi, mars 23 2010

Conférence RTS2010 : Journée spéciale « Linux embarqué »

Mercredi prochain (31 mars) aura lieu toute la journée sur le salon RTS une série de conférences sur le thème de Linux embarqué. Thème qui m'est cher, comme vous le savez bien. Le modérateur sera l'habituel François Gauthier, qui a communiqué le programme exact hier (outre le fait que 215 personnes sont déjà inscrites !) :

Linux est devenu au fil des ans un système d’exploitation incontournable dans l’embarqué. Et il ne cesse d’évoluer, notamment à travers la notion de plates formes, comme Android, pour les appareils portables ou Genivi pour l’automobile. Le matin les exposés porteront sur les ambitions de ces plates forme logiciel en Open Source, basées sur Linux, et l’après midi sur les méthodes de débogage et d’analyse de Linux pour l’embarqué.

Matin (10h-12h30) :
“Android, Linux and Real-time Development for Embedded Systems”, par Colin WALLS, Mentor Graphics
“Accélérer et innover avec Android”, par Sebastien Lalaurette, Wind River
“Le simulateur Qemu et le projet couverture”, par Pierre FICHEUX, Openwide

Après-midi (14h-16h30) :
Tutorial Linux pour l’embarqué, par Pierre FICHEUX Open Wide
    _ Part I : Comment accélérer le temps de boot d’un Linux
    _ Part II : Comment déboguer le cœur Linux
“Utilisation de gdb et OpenOCD (logiciel de gestion J-TAG libre) dans le cadre du débogage bas niveau du kernel lors de la phase d'initialisation”, par Gilles BLANC, Linagora.

Vous l'aurez remarqué, j'interviendrai en dernier, et honneur m'est fait de succéder à Pierre Ficheux. Cependant, ma présentation ne sera certainement pas sur le même ton, mais plutôt une plongée technophile dans le coeur de Linux, avec peu de moyens et beaucoup de courage : ce sera une reprise d'un développement que j'ai effectué en 2008, et relaté ici-même. La présentation devrait durer 45 minutes environ, et si le Dieu des Pingouins sera clément, il devrait y avoir une démo (très impressionnante, avec des effets pyrotechniques, et qui donnera lieu à... l'obtention d'un shell).

vendredi, mars 12 2010

dolosif arrière

Une technique très SSIIène consiste en la vente d'un projet sous-évalué, puis en la signature d'avenants au fur-et-à-mesure, surtout quand le client est dos au mur et ne peut plus reculer, qui s'accumulent jusqu'à faire exploser le budget initial. Technique célèbre, qui est évidemment le mal. Ne serait-ce que parce que la réputation du métier en pâtis. On pourrait d'ailleurs se demander si c'est la baisse des tarifs acceptables par les clients (longtemps plumés, dans les années 80/90 -- si vous saviez combien a coûté le site web de Radio France, et encore pas la totalité, c'est à pleurer -- c'est que ce sont nos impôts...) qui a entrainé ce genre de techniques contestables pour se rattraper (faire croire que ce n'est pas cher alors que oui, ça l'est vraiment), ou si c'est la concurrence entre sociétés proposant du service informatique, tirant toujours plus bas les prix (et donc les salaires -- problème connexe : un ingénieur mal payé est un ingénieur démotivé, faudrait-il toujours se rappeler ; et un ingénieur démotivé travaille plus lentement et produit plus d'erreurs), qui a pour effet de fausser ladite concurrence en annonçant des prix qui ne sont pas les bons dès le départ. Ou peut-être est-ce dû à une mauvaise émulation des deux phénomènes.

C'est en tout cas une dérive clairement constatée, qui en fait part d'un fait tout bête : les engagements contractuels portant sur du résultat (et non du moyen) nécessitent une estimation et une vision qui est rarement la bonne dès le départ (évidemment on fait ce que l'on peut, mais la boule de cristal est hors de prix chez Swarovsky® !), et qui est donc sujette à évolution (sachant que les cas litigieux ne sont pas rares : j'ai un ami informaticien fraichement retraité qui ne s'occupait plus que de ça à la fin de sa carrière, notamment sur la ligne 14 Meteor du métro parisien, où ça a pas mal chauffé paraît-il) ; on sait aussi que l'on fait généralement son beurre sur les avenants (ne serait-ce que parce que la phase d'avant-vente est inutile ou réduite à son maximum, et que l'expertise à faire valoir sur le produit est évidente). Il n'empêche que les (très) gros projets peuvent déraper, et ce de manière spectaculaire.

Rappelons encore : l'ingénieur a un devoir de conseil, et a fortiori la société qui l'embauche. Question de bonne ou de mauvaise foi. Les 11 millions d'Euros de condamnation d'IBM (première instance, appel évidemment interjeté, mais en tout cas une exécution provisoire ordonnée, donc les 11 millions doivent être versés, avec tout ce que ça implique en terme de trésorerie) tendraient à mettre un frein sérieux à ce genre de pratiques, qualifiées "manoeuvres dolosives" (rappelez-vous de vos cours de droit, différence dol/vol -- le dol est la tromperie, la fraude, ce qui implique d'avoir su dès le départ mais de n'avoir rien dit pour en tirer profit, dans notre affaire). C'est sûr que doubler une facture de 7,3 millions et le temps de réalisation en cours de route, avec tout un tas d'inconvénients très impactant sur la société cliente, ça fait vraiment mal. À noter aussi que la MAIF s'est plainte au TGI, et non au tribunal de commerce (je me demande pourquoi, en fait, puisque Niort en possède un ; va falloir que je demande à notre juriste). Je partage en tout cas l'analyse de l'experte de 01 (encadré tout en bas).



Au passage, un peu de linguistique historique, histoire d'expliquer le titre (il me semblait bien que le Littré n'allait pas au bout des choses entre dolus pour dol, et dolorem pour douleur -- quelqu'un a un Alain Rey sous la main ?) :

En latin classique, la notion de deuil fait partie du sémantisme de dolor. Cicéron, de Oratorio, 2, 199 : "Par mon discours, je ravivais la douleur (dolorem), de ceux qui avaient à pleurer des parents."
Ainsi dolus est une simple variante de dolor. Pourquoi apparaît-il ? Cela s'explique probablement par des considérations formelles et sémantiques :
- forme : le paradigme de dolor renferme une forme ambiguë : le génitif pluriel dolorum. Une réinterprétation permet le changement à dolus.
- sens : il y a des exemples limites : dolus : mal, malice; mal s'apparente à douleur.
L'exemple ambigu remonte au Ier ap., dans la Thébaïde de Stace, 5, 117-119, qui fait allusion aux crimes des Danaïdes qui tuèrent leur mari avec la complicité de leur père qualifié de "la‘tus (riche) dolorum (ruse et deuil)." La ramification au dédoublement lexical se produit à l'époque du latin tardif. La comparaison des langues romanes joue un rôle. L'histoire d'une langue particulière s'appuie aussi sur l'histoire des langues du même groupe.

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